Le bordereau des prix unitaires (BPU) est la liste des prix d’un marché public : une ligne par prestation, un prix par unité, aucune quantité. Il correspond à la forme « prix unitaires » de l’article R2112-6 du code de la commande publique : le prix s’applique aux quantités réellement exécutées. Le DQE y ajoute des quantités estimées, la DPGF décompose un forfait.
Voici la base du BPU dans le code, ses différences avec le DQE et la DPGF, un exemple chiffré, puis ce qui coince quand on le remplit.
La définition, et le texte qui la fonde
Le BPU est un document contractuel qui précise le prix de chaque élément d’ouvrage, ou de chaque unité de produit ou de service, décrit dans les documents du marché. Il fait partie du dossier de consultation et il est porté en annexe de l’acte d’engagement, le document par lequel le candidat s’engage sur son offre. On le trouve surtout dans les accords-cadres à bons de commande, dont le fonctionnement est détaillé dans l’article sur le marché à bon de commande.
Le code de la commande publique ne parle pas de bordereau. Son article R2112-6, en vigueur depuis le 1er avril 2019, distingue deux formes de prix : des prix unitaires, appliqués aux quantités réellement livrées ou exécutées, ou des prix forfaitaires, appliqués à tout ou partie du marché quelles que soient les quantités. Le bordereau est le support habituel de la première forme.
Le candidat s’engage donc sur chaque prix de la liste, sans savoir combien d’unités l’acheteur commandera. Le montant final du marché ne se connaît qu’à la fin de son exécution.
BPU, DQE, DPGF : trois documents, trois rôles
| Document | Contenu | Forme de prix | Usage courant |
|---|---|---|---|
| BPU | Prix de chaque prestation à l’unité, sans quantité | Prix unitaires | Accords-cadres à bons de commande, entretien et maintenance |
| DQE (détail quantitatif estimatif) | Prix du BPU multipliés par des quantités estimées | Prix unitaires | Comparer les offres sur un total prévisionnel |
| DPGF (décomposition du prix global et forfaitaire) | Prix par poste ou par mission | Prix forfaitaire | Marchés de travaux à contenu défini, construction, rénovation |
Un marché peut mêler les deux formes. Selon la note d’expert de SVP, qui s’appuie sur le guide du prix de la direction des affaires juridiques de Bercy, l’acheteur demande alors un bordereau pour la partie unitaire et une DPGF pour la partie forfaitaire, parfois réunis.
Un exemple chiffré
Exemple construit : une commune lance un accord-cadre de peinture pour ses bâtiments, avec un BPU de trois lignes. Le candidat remplit la seule colonne libre, le prix unitaire hors taxes. L’acheteur affecte ensuite des quantités estimées, ce qui donne le DQE :
| Prestation | Unité | Prix unitaire HT (BPU) | Quantité estimée (DQE) | Total HT |
|---|---|---|---|---|
| Peinture de murs intérieurs | m² | 14,00 € | 1 200 | 16 800 € |
| Peinture de plafonds | m² | 16,50 € | 400 | 6 600 € |
| Dépose de papier peint | m² | 6,00 € | 300 | 1 800 € |
| Total du DQE, prévision servant à comparer les offres | 25 200 € | |||
Ce total sert à classer les candidats. Il ne se facture pas. En cours de marché, l’école de la commune commande par un bon de commande la peinture de 350 m² de murs : on multiplie le prix du BPU par la quantité réellement exécutée, soit 350 × 14,00 = 4 900 € HT. Le reste du DQE peut ne jamais être commandé.
Ce qui coince quand on remplit un BPU
Les points qui suivent viennent d’un ancien acheteur public devenu consultant, dans une vidéo de 2026 : ce sont des pratiques, pas des règles du code. Chaque dossier de consultation fixe les siennes, et le règlement de la consultation fait foi.
- Une ligne oubliée : l’acheteur peut considérer l’offre comme irrégulière et l’écarter sans l’analyser.
- Un prix à 0 € : si la prestation est commandée, elle devra être exécutée gratuitement.
- Un prix moyen sur toutes les lignes : il faut au contraire se montrer très compétitif sur les lignes les plus commandées, et garder de la marge sur les autres.
- L’unité : un prix au mètre linéaire n’est pas un prix au mètre carré.
- La durée : un accord-cadre dure souvent trois à quatre ans, et le CCAP, le cahier des clauses administratives particulières, dit si les prix sont fermes ou révisables.
Chaque ligne est un prix que le candidat s’engage à tenir pour toute la durée du marché, y compris celles que vous pensez ne jamais voir commandées. Il se décompose en fourniture, main-d’œuvre, déplacement, frais généraux et marge, comme dans le calcul du taux de marque.
Un document non obligatoire, qui peut suffire à définir le besoin
Le BPU n’est pas obligatoire : selon la même note de SVP, ni lui ni la DPGF ne s’imposent à l’acheteur. Quand il en use, il peut aussi y décrire son besoin.
La cour administrative d’appel de Marseille a jugé le 17 mai 2021 (n° 20MA02359) qu’un bordereau de prix unitaires décrivant précisément les attentes de l’acheteur pouvait légalement servir de support à la définition du besoin.
Pour le candidat, la désignation de chaque ligne vaut cahier des charges : on la lit comme un descriptif technique.
Avant de remplir un BPU
- Lisez le règlement de la consultation pour connaître la règle sur les lignes vides.
- Vérifiez dans le CCAP si les prix sont fermes ou révisables, et la durée du marché.
- Contrôlez l’unité de chaque ligne et la mention hors taxes ou toutes taxes comprises.
- Décomposez chaque prix, puis testez-les sur des quantités estimées : le total doit rester compétitif.
- Relisez la cohérence entre lignes voisines : deux prestations proches ne peuvent pas avoir des prix incompatibles.
Sources
- Code de la commande publique, article R2112-6, version en vigueur depuis le 1er avril 2019
- Cour administrative d’appel de Marseille, 17 mai 2021, n° 20MA02359
- code-commande-publique.com, « Bordereau des prix unitaires (BPU) »
- SVP, « Quelle est la différence entre un BPU et une DPGF ? »
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