Franco de port en e-commerce : colis, camion et tableau de bord logistique dans un contexte business français.

Franco de port : calcul du seuil et impact réel sur la marge

22/06/2026
Franco de port : calcul du seuil et impact réel sur la marge
22/06/2026

L’essentiel à retenir
  • Le franco de port signifie que le vendeur prend en charge la livraison selon une condition contractuelle précise.
  • Le bon seuil doit couvrir marge brute, coût transport et frais de préparation sans dégrader la rentabilité.
  • Un seuil unique fonctionne mal si les coûts varient selon le poids, la zone ou le volume des commandes.
  • La clause de livraison doit être écrite clairement dans le devis, les CGV ou le bon de commande.
  • En e-commerce comme en B2B, la cohérence entre prix affiché, facture et politique de livraison évite les litiges.

Quand on parle de franco de port, on parle rarement d’un simple détail logistique. C’est surtout un choix commercial qui peut faire grimper le panier moyen ou, au contraire, rogner la marge sans faire de bruit. Le piège est classique : la livraison gratuite attire, mais si le seuil est mal fixé, la caisse se remplit moins qu’elle ne coûte. La vraie question n’est donc pas « faut-il offrir la livraison ? », mais à partir de quand cela reste rentable.

Franco de port : définition simple, fonctionnement et limites

Le point de départ est simple : le franco de port signifie que le vendeur prend en charge les frais de livraison au-delà d’une condition prévue au devis, au bon de commande ou dans les CGV. Ce n’est pas un cadeau vague. C’est une clause de livraison qui précise qui paie le transport, à quel moment, et pour quel périmètre de commande.

Franco de port : définition simple, fonctionnement et limites
Franco de port : définition simple, fonctionnement et limites

La logique du franco de port dans un contrat de vente

Dans un contrat de vente, la clause franco de port précise généralement que les frais de transport sont supportés par le vendeur à partir d’un certain seuil de commande, ou pour une zone donnée. Le lieu de livraison compte, car un franco domicile n’a pas le même coût qu’une livraison sur quai ou en point relais.

Le mot « franco » est parfois utilisé à tort comme synonyme de « livraison offerte ». Ce n’est pas tout à fait la même chose. Une livraison offerte peut être une simple promotion commerciale, alors qu’un prix franco de port renvoie plutôt à une règle écrite, récurrente, intégrée à la politique de livraison.

Définition
Le franco de port est une condition commerciale selon laquelle le vendeur prend en charge les frais de transport au-delà d’un seuil ou d’une règle définie dans le devis, le bon de commande, le contrat de vente ou les CGV.

Le saviez-vous ? Dans certaines activités, on voit aussi l’expression « franc de port ». L’idée reste la même : le transport n’est plus facturé séparément au client, sous réserve des conditions prévues. Le vrai sujet, ce n’est pas le mot. C’est le coût réel absorbé par la marge.

Prix franco, port payé et port dû : ce qui change vraiment

Dans la pratique, on croise trois logiques. Le port dû signifie que le client paie le transport à réception ou via une ligne dédiée. Le port payé signifie que le vendeur avance les frais. Le prix franco va plus loin : le coût du transport est intégré au prix de vente ou offert au client selon les règles fixées.

Cette nuance compte beaucoup pour la lecture de votre marge. Si vous vendez un produit 100 € avec 8 € de frais de livraison non répercutés, votre marge brute réelle n’est plus celle affichée sur le produit seul. C’est un peu comme regarder le ticket de caisse sans la ligne « transport » : on croit vendre correctement, puis le mois se termine plus serré que prévu.

Le transporteur, lui, reste souvent un prestataire. Le contrat de vente organise la prise en charge des frais, mais le transport physique peut être assuré par un tiers. Autrement dit, le vendeur peut payer, le client peut être livré, et le transporteur peut intervenir sans que la structure juridique du contrat change.

TermeQui paie le transportLecture opérationnelleUsage courant
Port dûLe clientLe transport est refacturé ou réglé à partB2B, commandes ponctuelles
Port payéLe vendeurLe coût est avancé par le vendeurCommerce, expédition régulière
Prix francoLe vendeur, selon conditionLe transport est inclus ou offert au-delà d’un seuilVente récurrente, e-commerce

Quand le franco de port s’arrête de bien fonctionner

Le franco de port devient moins intéressant quand le coût de livraison varie trop selon le poids, le volume ou la zone de livraison. Une petite commande urbaine n’a pas le même coût qu’une palette à expédier à 600 kilomètres. Si vous appliquez un seuil unique partout, vous subventionnez parfois les commandes les plus coûteuses.

Autre limite, plus discrète : le franco peut pousser certains clients à commander juste au-dessus du seuil sans augmenter suffisamment la marge. Vous gagnez du volume, mais pas forcément de rentabilité. Honnêtement, c’est là que beaucoup d’entreprises se trompent : elles regardent le chiffre d’affaires, pas le coût d’expédition par commande.

Comment fixer un seuil de livraison rentable sans rogner la marge ?

Le bon seuil ne se choisit pas au feeling. Il se calcule à partir de la marge brute, du panier moyen, du coût transport et de la fréquence d’achat. Sinon, on fabrique une belle promesse commerciale avec une petite fuite dans la trésorerie.

Comment fixer un seuil de livraison rentable sans rogner la marge ?
Comment fixer un seuil de livraison rentable sans rogner la marge ?

Partir de vos chiffres, pas de ceux du voisin

Commencez par isoler trois données simples : votre marge brute moyenne par commande, votre coût moyen de transport et votre panier moyen observé. Si votre marge brute est de 18 € par commande et que la livraison coûte 7 €, le reste après franco est vite mangé si vos remises commerciales montent à 6 ou 7 %. Vous voyez le problème : le seuil doit absorber le transport sans dégrader la caisse.

Prenons un exemple. Vous vendez en moyenne 80 € HT par commande, avec 35 % de marge brute, soit 28 € de marge. Si le coût moyen de livraison est de 9 €, il vous reste 19 € avant frais fixes, SAV et retours. Si vous offrez le franco à 70 €, vous augmentez peut-être le volume, mais vous ne vérifiez pas encore si le panier moyen monte assez pour compenser.

DonnéeExempleLecture
Panier moyen HT80 €Base de calcul du seuil
Marge brute35 %Capacité à absorber le transport
Coût moyen de livraison9 €Charge à couvrir
Seuil de franco envisagé70 €Effet attendu sur le panier

Une bonne règle consiste à viser un seuil légèrement au-dessus du panier moyen actuel, pas très loin. Si votre panier moyen est à 62 €, un seuil à 65 € ne changera presque rien. Un seuil à 90 € peut, lui, faire baisser le nombre de commandes.

Calculer un seuil de franco avec une méthode simple

La méthode la plus utile tient en trois étapes. D’abord, vous calculez la marge contributive par commande, c’est-à-dire la marge brute moins le transport. Ensuite, vous fixez un seuil qui laisse encore une marge positive après livraison. Enfin, vous testez l’impact sur le panier moyen et sur la fréquence d’achat.

Exemple chiffré. Votre marge brute moyenne est de 24 €, le transport moyen de 6 €, et vos frais de préparation de 3 €. Il vous reste 15 € avant structure. Si vous offrez la livraison à partir de 75 €, et que cette règle fait passer le panier moyen de 68 € à 82 €, vous pouvez y gagner. Si le panier ne bouge pas, le seuil devient juste un cadeau coûteux.

Astuce
Raisonnez par zone de livraison, poids et volume, pas avec un seul seuil pour tout le monde. Une commande de 2 kg en ville n’a pas le même coût qu’un colis volumineux en zone éloignée, et le bon seuil n’est pas forcément le même.

Le plus simple, en mission, c’est de travailler avec trois scénarios : commande légère, commande standard, commande lourde. On voit tout de suite où le seuil tient, où il casse, et où il faut appliquer une règle spéciale. C’est moins élégant qu’une promesse unique, mais bien plus solide.

Ajuster selon la fréquence d’achat et le comportement client

Le seuil de livraison gratuite ne sert pas seulement à couvrir un coût. Il peut aussi servir à augmenter le panier moyen ou à limiter les petites commandes qui mobilisent beaucoup de logistique. Si vos clients achètent une fois par an, le levier est différent de celui d’un client récurrent qui commande tous les mois.

Regardez aussi la fréquence d’achat. Un client qui commande cinq fois par an avec 12 € de frais de port à chaque fois coûte plus qu’un client qui regroupe ses achats sur deux commandes plus grosses. Le seuil doit donc tenir compte de la répétition des expéditions, pas seulement du montant unitaire.

Pour fixer un franco de port cohérent, il faut d’abord maîtriser le calcul du taux de marge et les erreurs fréquentes qui faussent vos seuils.

Ce qu’il faut écrire dans un devis, un bon de commande ou des CGV

Une politique de livraison ne vaut que si elle est écrite proprement. Sans mention claire dans le devis, le bon de commande ou les CGV, vous laissez de la place aux contestations, aux oublis de facturation et aux discussions sans fin avec le client.

Ce qu’il faut écrire dans un devis, un bon de commande ou des CGV
Ce qu’il faut écrire dans un devis, un bon de commande ou des CGV

Rendre la clause de livraison lisible et applicable

Dans vos documents, la clause contractuelle doit préciser le seuil de franco, la zone géographique concernée, les exclusions éventuelles et le cas des livraisons express. Si la livraison est offerte à partir de 150 € HT en France métropolitaine, dites-le noir sur blanc. Si la Corse, l’outre-mer ou l’export obéissent à d’autres règles, mentionnez-le aussi.

Pensez au cas des palettes, des colis volumineux et des retours. Ce sont souvent eux qui font déraper le coût de transport. Une clause claire peut prévoir une prise en charge partielle des frais de transport, un tarif de livraison spécifique ou une exception pour les commandes hors gabarit.

Élément à écrireExemple de mentionPourquoi c’est utile
Seuil de francoLivraison offerte à partir de 150 € HTÉvite les ambiguïtés
Zone de livraisonFrance métropolitaine uniquementLimite les coûts non prévus
ExclusionHors colis volumineux et palettesProtège la marge
RetourFrais de retour à la charge du client sauf erreur du vendeurClarifie les responsabilités

Vous avez déjà vu un devis où la livraison est « comprise » sans autre précision ? C’est confortable sur le moment, puis compliqué dès qu’il y a un litige. Le bon réflexe consiste à relier la clause de livraison au document commercial et aux CGV, sans divergence entre ce qui est affiché et ce qui est facturé.

Cas fréquents en e-commerce, B2B et export

En e-commerce, la politique de livraison est souvent visible dès la fiche produit ou le tunnel de commande. Le seuil de livraison gratuite doit alors être cohérent entre le site, le devis éventuel et la facture. Sinon, le client compare, conteste et abandonne plus vite qu’il ne valide.

En B2B, on voit souvent des tarifs négociés par client, des remises transport ou des conditions de port payé au-delà d’un certain montant. Là, le bon de commande devient central, car il matérialise la règle retenue pour cette transaction. Pour l’export, le sujet se complique encore avec les Incoterms, qui répartissent les frais et les risques entre vendeur et acheteur selon des règles standardisées.

Bon à savoir
La TVA, l’affichage du prix et la cohérence entre site, devis et facture doivent raconter la même histoire. Si le prix affiché semble inclure la livraison, mais que la facture ajoute des frais sans base claire, le risque de litige monte vite.

Le franco domicile mérite aussi une mention claire. Selon le lieu de livraison, le vendeur peut prendre en charge le transport jusqu’au domicile du client, jusqu’à un entrepôt ou jusqu’à un point de déchargement précis. Cette différence change le coût réel, et donc le seuil de rentabilité.

Éviter les angles morts juridiques et commerciaux

Le premier angle mort, c’est l’oubli de la cohérence entre les CGV et les pratiques commerciales. Le second, c’est la confusion entre transfert des risques et transfert de propriété. On peut livrer franco tout en faisant courir le risque au client à partir d’un certain point, selon la clause prévue et le cadre contractuel.

Le troisième angle mort, très fréquent, c’est la remise transport mal gérée. Si vous accordez un tarif de fret préférentiel à un gros client, puis que vous le livrez franco sans remettre à plat le contrat de vente, vous doublez parfois l’avantage sans le voir. Le transport devient alors un poste de coût, pas un levier commercial.

Avant d’offrir la livraison, faites ce test de rentabilité

Avant de valider un seuil de livraison gratuite, passez votre politique au crible avec quelques chiffres simples. Si la marge brute, le coût réel du transport et le panier moyen ne s’alignent pas, la promesse commerciale peut dégrader votre marge plus vite qu’elle n’aide à vendre. Ce n’est pas un sujet de design. C’est un sujet de caisse.

La check-list de décision à passer en revue

Regardez d’abord le coût réel du transport, pas seulement le tarif affiché par le transporteur. Ajoutez les frais de préparation, les surcoûts de volume, les zones éloignées et les retours. Si vous faites du commerce ou du e-commerce, cette base vous évite déjà plusieurs mauvaises surprises.

Puis comparez votre seuil à la réalité des commandes. Un seuil aligné sur le panier moyen observé a du sens. Un seuil copié chez un concurrent sans lire votre propre structure de coûts, beaucoup moins.

  • Coût réel du transport par type de commande
  • Panier moyen observé sur les douze derniers mois
  • Marge brute par segment de client
  • Fréquence d’achat et récurrence des expéditions
  • Zones non rentables ou à tarification spécifique
  • Mentions prêtes dans les CGV, le devis et le bon de commande
Si vous répondez « non » à deux ou trois points, le franco de port mérite d’être retravaillé. Pas supprimé à la va-vite, retravaillé. On peut garder une logique de livraison offerte, mais avec des règles distinctes selon la zone, le poids, le volume ou le type de client.

Les erreurs les plus courantes à éviter

La première erreur consiste à caler le seuil sur les concurrents. Eux ont peut-être une logistique différente, une marge plus large ou un volume d’achat plus élevé. Vous n’avez pas forcément la même caisse, ni le même coût d’expédition.

La deuxième erreur, c’est d’appliquer le même tarif de transport à tout le monde. Un client urbain, un client rural et un client export ne génèrent pas le même coût de livraison. La troisième, plus subtile, consiste à confondre port payé et prix franco : dans le premier cas, le vendeur avance les frais ; dans le second, il les intègre ou les absorbe selon la condition prévue.

Une fois cette rentabilité cadrée, le sujet suivant devient presque évident : où se perd le temps dans votre cycle de vente ? Et là, on passe d’une fuite de marge à un embouteillage commercial. En trois indicateurs bien choisis, vous pouvez voir en une semaine si votre croissance vous enrichit ou vous épuise. Si votre CAC est de 120 € et que votre marge brute par client est de 60 €, il vous faut au moins deux achats pour rentrer dans vos frais, sinon chaque nouvelle vente creuse la trésorerie. Et une fois la rentabilité cadrée, le sujet suivant devient presque évident : où se perd le temps dans votre cycle de vente ?

À ce stade, un passage par le calcul de l’EBE et son lien avec vos marges aide à mesurer l’impact réel d’une livraison offerte.

Foire aux questions

Qu’est-ce que le franco de port dans un devis ou un contrat ?

Le franco de port désigne une condition de vente où le vendeur prend en charge les frais de transport selon une règle définie à l’avance, souvent à partir d’un seuil de commande. Ce n’est pas une simple mention commerciale : la clause doit être lisible dans le devis, les CGV ou le bon de commande pour éviter tout litige.

Le prix franco de port correspond-il toujours à une livraison gratuite ?

Pas forcément. Le prix peut intégrer le transport, ou bien la livraison peut être offerte uniquement au-delà d’un certain montant, d’une zone ou d’un type de commande. Le mot-clé franco de port recouvre donc une logique contractuelle plus large qu’une promotion de livraison offerte.

À partir de quel montant un franco de port devient-il rentable ?

Il n’existe pas de seuil universel, car tout dépend de votre marge brute, du coût moyen de livraison et du panier moyen. Un seuil rentable est celui qui couvre le transport tout en laissant assez de marge pour absorber la préparation, les retours et les frais fixes.

Le seuil de 500 € est-il une bonne référence pour le franco de port ?

Un seuil de 500 € peut être pertinent dans certains secteurs B2B ou pour des produits lourds, mais il serait excessif dans beaucoup de commerces. Le bon niveau se décide à partir de vos chiffres, pas d’une règle générale, sinon vous risquez de freiner les commandes au lieu d’augmenter la conversion.

Quelle différence entre port dû, port payé et franco de port ?

Avec le port dû, le client règle le transport séparément. Avec le port payé, le vendeur avance les frais, tandis que le franco de port va plus loin en intégrant ou en absorbant ces coûts selon une condition précise. Cette nuance change directement la lecture de votre marge et de votre politique tarifaire.

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Rédigé par
Antoine
Antoine accompagne depuis plus de dix ans dirigeants, entrepreneurs et cadres dans leurs décisions business et financières. Ancien consultant en stratégie, il décrypte avec pédagogie l'actualité économique, les enjeux de gestion d'entreprise, de finance et de formation, sans jargon inutile et toujours avec un regard pratique.

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